Travailler en deux langues : Ambroise raconte
Que fais-tu au canton de Berne ?
« Je suis spécialiste Gestion des partenaires à l’Office de la santé. Dans mes fonctions, je gère le contact avec nos partenaires-clés francophones : il s’agit des acteurs importants de notre système de santé, basés principalement dans la région de l’Arc (Jura bernois). Je joue en quelque sorte le rôle de relais francophone pour mon office.
Dans le Jura bernois, l’allemand n’est pas donné partout. Beaucoup de personnes ne le parlent pas et se retrouvent un peu démunies face à l’administration cantonale bernoise. La traduction automatique a simplifié les échanges, mais elle ne reste qu’un outil, un dictionnaire amélioré. Ce n’est pas cela qui va créer une relation de confiance entre partenaires. Je suis là pour ça justement. »
Comment vis-tu le bilinguisme dans ton travail quotidien ?
« De manière générale, je constate qu’il y a beaucoup de respect pour les compétences linguistiques au sein de l’administration cantonale : une grande tolérance qui va dans les deux sens. Par exemple, je sais que je n’ai pas besoin d’utiliser 15 outils de traduction pour m’assurer que mon message soit parfait avant de l’envoyer. Les petites fautes ou tournures de phrase maladroites sont même sympathiques et créent des conversations. »
Une anecdote à nous raconter ?
« Je viens de Lausanne ; j’ai donc grandi dans un environnement totalement monolingue. Quand nous partions en vacances en famille, nous évitions toujours de traverser la « barrière de rösti ». Qui l’aurait cru : cela fait maintenant 10 ans que je vis à Berne et mes filles sont même scolarisées dans le système bernois germanophone. »
Travailler en deux langues : Rachel raconte
Quel rôle joue le bilinguisme dans ton travail quotidien ?
« Je travaille à l’Office de l’économie. Mon équipe au Contrôle des chronomètres parle essentiellement français, alors que le reste de l’office s’exprime principalement en allemand. Chacun fournit des efforts pour comprendre l’autre. Quand l’effort va dans les deux sens, on ne craint pas d’essayer et de se tromper en parlant l’autre langue. En plus, on apprend tous les jours de nouveaux mots ou expressions, ce qui me plaît beaucoup. »
Comment ton employeur te soutient-il dans ton travail bilingue ?
« Notre office porte une attention particulière à la minorité francophone. Dans les séances, chacun et chacune a la possibilité de s’exprimer dans sa langue. Nous avons aussi la possibilité de participer à des tandems et des cours d’allemand. J’ai pu passer mon C1 grâce à cela ! »
Une anecdote à nous raconter ?
« Je travaille depuis presque 20 ans au canton de Berne. Pendant longtemps, l’événement pour les cadres de l’office était totalement en allemand et les francophones peinaient à suivre. Cela a beaucoup évolué : aujourd’hui, il y a toujours quelque chose de prévu pour les francophones. Parfois, il y a même des interventions en français : ce sont alors les germanophones qui doivent faire un effort pour comprendre. »
Travailler en deux langues : Piero raconte
À quoi ressemble ton quotidien de travail bilingue ?
« Je travaille à Orpond, au centre d’expertises et d’examens du Seeland et Jura bernois. Lors d’une journée typique, je suis soit dans la halle pour les expertises de véhicules, soit sur la route pour les examens de conduite. Je suis donc en contact avec des clients tous les jours dans les deux langues. J’ai fait en sorte d’améliorer mon niveau d’allemand au fil des années et aujourd’hui, je peux m’adapter à la personne face à moi et parler dans la langue de sa préférence. Quand je suis en contact avec des personnes germanophones, parfois un peu nerveuses, je vois que cela les rassure quand je fais l’effort de leur parler en allemand et elles sont souvent très reconnaissantes. »
Un défi que tu as relevé en rapport avec le bilinguisme ?
« L’année passée, j’ai suivi la formation obligatoire pour les expertises de véhicules. Elle avait lieu à Berne et tout était en allemand. J’ai dû me dépasser, car je devais non seulement apprendre le métier, mais en plus de cela, absorber tout le contenu dans une langue qui n’est pas ma langue maternelle. Quand j’ai réussi l’examen, j’étais d’autant plus fier de moi ! »
Une anecdote à nous raconter ?
« Un jour, j’ai eu quatre examens de conduite à la suite : trois candidats germanophones et le dernier était francophone. Quand j’ai fait passer l’examen au candidat francophone, mon esprit était encore trop dans l’allemand, ce qui me faisait perdre mes mots en français, alors que c’est ma langue maternelle ! Quand cela m’arrive, je le prends à la rigolade et je dis à la personne : « Désolé, je viens d’enchaîner trois examens en allemand. » et il n’y a pas de problème. »
Travailler en deux langues : Olivia raconte
Pourquoi cela vaut-il la peine de travailler dans un environnement bilingue ?
« Lors de ma recherche de stage, le fait que le canton de Berne soit un employeur bilingue représentait à la fois une chance et un risque. J’ai osé franchir le pas et en fin de compte, je suis heureuse de pouvoir améliorer mes connaissances en français dans le contexte professionnel. Bien sûr, il y a parfois des barrières linguistiques, mais je trouve que c’est un défi passionnant et une bonne opportunité de développement. »
À quoi ressemble ton quotidien de travail bilingue ?
« À l’Office de la communication, nous nous engageons pour que le français ne soit pas négligé et que toutes les personnes du canton aient le même accès à l’information, qu’elles habitent le Jura bernois, le Seeland, le Mittelland ou l’Oberland. C’est pourquoi je travaille avec un stagiaire francophone et nous rédigeons les articles ensemble. Avec le temps, nous avons trouvé notre rythme dans la collaboration bilingue. Il me parle en allemand et je lui parle en français – c’est ainsi que nous nous sommes tous deux améliorés dans l’autre langue. »
Une anecdote à nous raconter ?
« Lorsque mon collègue écrit un article en français et que je dois ensuite l’adapter en allemand, je dois toujours faire attention à simplifier le ton fleuri et riche du français, car en allemand, ce serait beaucoup trop. J’étais moins consciente de ces différences culturelles et linguistiques auparavant, mais j’apprends ainsi chaque jour quelque chose de nouveau. »